Auteur/autrice : France Pinczon du Sel

  • Atelier Ugshaloma Grande

    Chaque mardi depuis 2 mois je monte jusqu’à Ugshaloma Grande, une petite communauté andine isolée à 4000 mètres d’altitude dans un décor de rêve, mais fait aussi de brumes et de vent. Tour à tour les grades 2, 3, 4 et 5, puis les grades 6 et 7, puis les grades 7, 8, 9 et 10 reçoivent la formation que j’ai élaborée. Avec le groupe des plus grands les ateliers de gestion de risques évoluent. Il faut visiblement intégrer les risques humains aux risques naturels : abandon des enfants, alcoolisme, violence… Également quelques notions sur l’eau, si précieuse, et le danger de la contaminer… Prendre alors conscience de notre impact sur la nature, entre cultures chimiquement poussées et déchets plutôt non organiques ! J’aime retrouver ces enfants au fil des semaines, emmitouflés contrer le froid de leur école grise, les aider à s’exprimer en dessin à chaque étape, dessins-missions, dessins objets de transmission pour leurs familles et bonheur de la couleur sur le moment !

  • Atelier à Ugshaloma Grande

  • La Novena

    Une tradition de notre rue, Calle Las Moras (la rue des mûres): entre le 1er et le 9 décembre, on célèbre l’enfant Jésus. Chaque soir, le berceau décoré est transporté en procession et en chantant derrière la voiture munie d’un haut parleur, d’une maison à l’autre. Une trentaine de personne entre alors chez l’un des voisins pour y écouter le célébrant, un professeur doté d’un charisme et d’une ferveur contagieuse, chanter, réciter quelques prières avant de prendre un jus de mûres accompagné de quelques empanadas ou autres douceurs ! Une bonne semaine pour entrer dans l’Avent, mais aussi pour mieux connaître nos voisins. Léonie s’y est fait une nouvelle amie.

    A propos de la Neuvaine.

     

  • La terre tremble

    Aurore, le 17 novembre 2017 : « Aujourd’hui, il y a eu un tremblement de terre (petit) (on était à l’école). Moi je n’ai rien senti c’est Léonie qui me l’a dit (elle est au premier étage). La maîtresse nous a fait sortir très vite et on a fait des jeux dans la cours. »

    Depuis le mois de novembre, par trois fois la terre a tremblé. Les épicentres étaient à Guayaquil, Guayas puis dans la région de Manabi sur la côte. Entre 5 et 6 sur l’échelle de Richter.

    Léonie raconte le premier à une amie française : »Tu sais quoi ? Aujourd’hui il y a eu un tremblement de terre, petit mais c’était le premier de ma vie et comme
    à l’école je suis au premier étage j’ai senti ma table trembler. Et j’ai eu un peu peur. »
    Lorsque les alarmes ont retenti, les élèves étaient déjà entrain d’évacuer jusque dans une cour sûre en passant par la rue. A la maison les rideaux, tables, lits, portes tremblaient…

    Un autre soir rebelote. Les filles dormaient, pendant les quelques dizaines de secondes de vibrations j’ai pensé les réveiller, peut être évacuer, mais ça s’est apaisé rapidement.

    Le troisième fût le plus sympathique : Eric était rentré dans la nuit après 5 semaines d’absence et lorsque le sol trembla à 6h19 du matin, Léonie et Aurore, réveillées en sursaut, se sont précipitées dans ma chambre pour découvrir… leur papa ! La deuxième surprise supplanta la première ! Néanmoins ce jour là a vu se préciser notre plan d’urgence familial, en cas de gros séisme.

    Articles, infos :

    El Universo

    Infobae

    EITB

    La Republica

    Carte interactive (Institut Géophysique d’Equateur)

    A ce jour, il y a eu près de 4200 répliques du séisme du 16 avril 2016.

    « Un très grand nombre de volcans sont très actifs en Équateur et au moins deux ont été en éruption récemment : Cotopaxi, Tungurahua. Mais il n’y a probablement pas de lien immédiat entre ces éruptions et le séisme du 16 avril 2016. Par contre il y a un lien géologique évident : les deux sont dus au mouvement des plaques. » (Institut de Physique du Globe de Paris)

  • Pêle-mêle en novembre

    Un dimanche bucolique, l’anniversaire de Aurore,  jeux de filles, fête de notre dueña le premier décembre, notre calendrier de l’Avent…

  • Journée de la lecture en Equateur

    Ce vendredi, les parents sont conviés à se joindre aux élèves pour la journée nationale de la lecture. Cela donne lieu dans toutes les écoles d’Equateur à des festivités déguisées : chaque grade présente un conte ou une histoire sous forme de théâtre. Même les professeurs se transforment en Blanche Neige, en sorcière, en Montalvo le célèbre écrivain d’Ambato, en Cantuna le légendaire paysan andin qui reconstruisit une cathédrale avec l’aide du Diable, mais en se jouant de lui…

     

  • Événement sur la Gestion des Risques

    Ça se passe à Latacunga, la ville la plus proche du volcan Cotopaxi qui s’est réveillé en 2015. Parmi les stands de la croix rouge, des pompiers, des forces armées et de la municipalité la fondation Plan International installe sa « fabrica de inteligencia » : c’est à dire un lieu où, en situation de post-urgence les enfants peuvent venir jouer et apprendre à connaître leurs droits. La fondation m’a demandée de venir diriger un atelier de dessin sur le thème du jour. Les écoles de Latacunga se sont déplacées pour l’événement et une trentaine d’enfants et adolescents ont pris le temps de dessiner selon les « missions » proposées et d’inscrire des messages positifs sur leurs œuvres.
    A la fin de la matinée les représentants de la mairie m’ont demandée de participer au jury de leur concours de dessins, constitué d’une personne de chaque organisme présent… Certains messages sont surprenants, inspirés, drôles ou avisés !

  • Mon premier atelier en Ecuador !

    Un peu le trac ce matin en partant vers Latacunga puis vers l’école de San Agostino à encore 45 minutes en pleine campagne. Mais l’accueil est chaleureux et mes jolis panneaux fin prêts. 32 élèves m’attendent : une classe d’un niveau CM1 étoffée pour l’occasion de deux élèves de chaque classe de l’école. C’est mon jour test devant le directeur de l’école, deux professeurs, l’ingénieur de la fondation Plan International qui m’accompagne et surtout les enfants. Finalement, tout le monde rentre dans le jeu;  la gestion des risques, ils connaissent puisqu’ils habitent quasiment au pied du volcan Cotopaxi. Mais il y a de la réticence à pratiquer les simulations d’évacuation et à se préparer en cas de désastre, voir un certain fatalisme. Alors après une révision ludique du thème l’atelier dessin anime les enfants et de clairs messages s’inscrivent dans leurs œuvres. Il y en a même pour moi, que je découvre en zoomant sur des photos !!!

  • Festivités et amitiés

    Week-end festif à Ambato, et plus encore à Pinllo où se tient une féria pendant huit jours : toutes les rues sur le trajet de l’école se sont transformées en un immense marché fait d’échoppes multicolores, la vie de notre quartier est révolutionnée ! Le 12 novembre est célébré le jour de l’indépendance d’Ambato.
    Au milieu de cette féria s’est installée une fête foraine. Vendredi soir nous rejoignons des amies de Aurore avec leur maman et toutes ces filles expérimentent le « bateau pirate » (un force 18 dans l’Atlantique nord) : Léonie en a des jambes de coton et mal au ventre à la sortie, et moi  presque autant en les regardant avec en mémoire Vagabond dans la tempête ! Beaucoup des enfants de l’école se retrouvent dans cette ambiance plus festive que commerciale, parfaite lorsque des cataractes ne tombent pas du ciel par surprise…

    Une mère de famille de l’école nous avait annoncées sa visite pour samedi, elle arrive vers 10h avec 2 enfants… et de quoi préparer tout un repas ! Son idée est  de m’apprendre à faire la fameuse soupe au poulet ainsi qu’un jus d’avoine aux naranjitas, le riz et une salade pleine en couleurs, bref un déjeuner traditionnel équatorien. Résultat, 1h30 en cuisine et une très chouette petite assemblée pour ce festin improvisé, avec Carlitos notre attachant voisin de chambre, étudiant en médecine.

    Le lendemain nous retrouvons par hasard nos amis pour le moment attendu par la trentaine d’écoles d’Ambato : 3 heures de défilé des « bandas » de chaque collège. C’est toute l’ambiance sonore quotidienne d’Ambato en concentré et en chamarré. Le prestige de chaque école est en jeu. Chacune offre à voir ses majorettes en tête puis sa banda (l’orchestre), suivi des meilleurs élèves ceinturés d’une banderole et enfin quelques rangées d’étudiants.
    Nous poursuivons l’après midi guidés à travers le grand cimetière enorgueilli des noms illustres d’Ambato, et terminons tous ensemble chez Luis, un autre parent d’élève, invités à boire une délicieuse Colada Morada.

  • Jours fériés à Cuenca

    C’est la Toussaint mais aussi le jour de l’indépendance de Cuenca, qui valent à tout le pays 2 jours fériés.
    Eric est en route pour l’Antarctique tandis que Léonie, Aurore et moi découvrons Cuenca la belle et retrouvons bon nombre des volontaires de notre groupe venus pour l’occasion. Magnifiques routes de montagne vers le sud, fiestas dans la ville et dégustation de la fameuse colada morada traditionnelle pour fêter la Toussaint. C’est une boisson chaude à base de farine de mais et de nombreux fruits cuits par étapes, excellente et nourrissante. Le but est d’aller la déguster sur les tombes, avant d’aller danser toute la nuit !